Exposition d'Arles - Somos Todos Animales
Retour sur mon exposition solo à Arles Par Diseck · Compte-rendu · 6 min de lecture
## Des soirées qui ont donné vie aux murs
L'exposition ne s'est pas contentée d'exister silencieusement. Plusieurs concerts et soirées ont animé l'espace tout au long de la période — et c'est là que quelque chose s'est passé que je n'avais pas prévu.
Un soir, une femme est entrée. Elle s'est installée, a sorti son instrument, et a joué de la musique classique. Dans ce bar, face à mes toiles, face à ces animaux peints et photographiés qui scrutaient la salle. Je me souviens de ce silence particulier qui s'est installé — le genre de silence qui n'efface pas le bruit mais le transforme. Les gens regardaient différemment. La musique donnait une gravité nouvelle aux images. Ce moment-là, je ne l'avais pas planifié. Il s'est juste produit. Et il restera probablement le souvenir le plus fort de cette exposition.
## Ce que cette expo m'a appris
Montrer son travail pour la première fois dans un format solo, c'est une mise à nu. On ne peut plus se cacher derrière un collectif, derrière un thème imposé. La série entière parle de vous — de ce qui vous préoccupe, de ce qui vous révolte, de ce que vous aimez malgré tout.
Somos Todos Animales m'a confirmé que l'art que je veux faire est un art engagé, ancré dans le réel, qui ne décore pas les murs mais qui interroge ceux qui les regardent. Et que les lieux alternatifs, vivants, imparfaits, sont souvent ceux où cette conversation se crée le plus sincèrement.
Vous avez assisté à cette exposition ou vous souhaitez en savoir plus sur ma démarche artistique ? Écrivez-moi en commentaire ou contactez-moi directement — j'aime les échanges autant que la peinture.
— Diseck


Il y a des expositions qui se vivent comme une parenthèse. Celle-là, je l'ai portée longtemps avant de l'accrocher aux murs. Somos Todos Animales — nous sommes tous des animaux — c'était une phrase que je me répétais en peignant, en photographiant, en observant les gens autour de moi. Une évidence qui dérange. Une vérité qu'on préfère souvent oublier.
En 2021, j'ai eu la chance de présenter cette série au cœur d'Arles, à l'Odyssette, bar associatif chaleureux et vivant, un de ces lieux qui respirent la culture sans se prendre au sérieux. Un endroit qui me ressemblait.
## Une série née d'une colère douce
Somos Todos Animales est née d'un regard critique sur la société. Pas un regard amer — plutôt lucide. Je voulais utiliser l'animal comme miroir tendu vers l'humain. Parce que nous sommes des animaux, qu'on le veuille ou non. Nos instincts, nos hiérarchies, nos violences, nos tendresses — tout cela existe aussi dans le règne animal. Mais nous, nous avons ajouté par-dessus la honte, le déni, les constructions sociales.
La série mêlait une quinzaine de toiles et une vingtaine de photographies. Les toiles portaient la couleur, l'épaisseur, l'émotion brute. Les photographies apportaient le réel, le documentaire, la preuve. Ensemble, elles formaient une conversation entre ce qu'on imagine et ce qu'on voit vraiment.
## L'Odyssette, un écrin inattendu
Choisir un bar associatif plutôt qu'une galerie traditionnelle, c'était déjà un acte artistique en soi. À l'Odyssette, les œuvres ne sont pas protégées derrière un protocole feutré. Elles cohabitent avec les conversations, les verres qui tintent, les gens qui passent. Le public ne vient pas voir une expo — il tombe dessus, il est surpris, parfois bousculé.
C'est exactement ce que je voulais. Que mes animaux regardent les gens dans les yeux. Que la critique sociale ne reste pas confinée dans un white cube stérile, mais qu'elle s'invite là où la vie se passe vraiment.










